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The Thing : tempête tropicale à la Sala

Après vingt jours de concerts tout aussi solides les uns que les autres, la formidable équipe du Suoni nous en proposait pas moins de quatre en guise de soirée de clôture ! Mon choix s’est naturellement porté sur le trio scandinave de free jazz The Thing, qui était accompagné pour l’occasion du vétéran guitariste James Blood Ulmer.

C’était la canicule dimanche dernier, mais il faisait encore plus chaud sur la scène de la Sala Rossa ! The Thing nous ont livré une performance physique, un genre d’Ironman musical, et ça suait à grosses gouttes sous les projecteurs, à l’exception de James Blood Ulmer, qui était d’un calme extraordinaire. On nous avait annoncé un concert en deux temps : une première partie avec le trio seulement, qui devait être rejoint par Ulmer dans la deuxième. Mais les quatre musiciens ont finalement choisi de jouer tous ensemble un seul set… de deux heures ! Un marathon, je vous dis !

Difficile de rendre l’intensité de cette soirée, mais risquons une image : une tempête tropicale, avec ses rafales de vent, le grondement du tonnerre et les éclairs de la foudre. Seule la guitare d’Ulmer venait apaiser un peu le déchaînement des éléments, rétablir l’harmonie, comme une pluie fine qui vient chasser une chaleur accablante. Un son à la fois jazz, parfois près du blues et frôlant même le psychédélique des Doors dans This Is the End. Ulmer était comme un poisson dans l’eau, s’amusait comme un petit fou en suivant ses comparses dans leurs improvisations.

Et Mats Gustafsson le lui rendait bien, lui lançant grimaces et éclats de rire entre ses poussées au sax qui formaient un véritable mur de son (ou était-ce un cri primal ?). Au drum, Paal Nielssen-Love était littéralement trempé à la fin du concert, son jeu se comparant au mouvement des vagues qui déferlent sur la plage un soir d’orage. Ingebrigt Håker Flaten, quant à lui, alternait entre la bass électrique et la contrebasse dans un jeu nerveux et énergique (le mot est faible), ses doigts se promenant à une vitesse inouïe, frappant allègrement sur sa bass ou glissant doucement son archet sur les cordes de sa contrebasse lors de moments plus mélodieux.

Ce fut donc une sacré édition du Suoni, qui demeure de loin mon festival préféré dans cette offre estivale montréalaise qui verse plutôt dans le mainstream. Parce que pour paraphraser un copain qui a vécu le Suoni par procuration à travers mes chroniques, « ce festival est quand même une des meilleures formules qu’on puisse imaginer : que des bons groupes, dans tous les styles, dans des petites salles ». Alors, longue vie au Suoni !

Marie-Eve Lamy

Crédit photo : Pierre Langlois

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Posted on June 22, 2016 in News