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Une finale de festival à couper le souffle!

Le dernier week-end du Suoni 2016 promettait encore une fois une belle brochette de musicien-ne-s de pointe de la scène free européenne et américaine. Le 18 juin, nous avons eu droit à une première montréalaise avec le projet de quatuor de l’ex-bassiste du légendaire groupe punk d’Amsterdam The Ex. Le lendemain, le trio hyperactif scandinave The Thing, accompagné du vétéran guitariste James Blood Ulmer, foulait les planches de la Sala Rossa.

Donc, le projet Luc Ex’s Assemblée est venu nous présenter ses compositions parfois agiles ou lyriques, parfois jazz ou rock, rendues par des musiciens allumés et inventifs: Luc Ex à la basse, Hamid Drake à la batterie, Ingrid Laubrock au saxophone et Ab Baars au saxophone et au shakuhachi.

Il faut savoir que les instrumentistes avaient des partitions devant eux (sauf Drake) et aussi que le quatuor roule sa bosse depuis un bout, comme peut en témoigner leur album enregistré en spectacle en France en 2013.

Marie-Ève, comment peux-tu nous décrire la dynamique entre les quatre musiciens d’une part, et la relation spéciale entre la section de cuivre d’un côté et la section «rythmique» de l’autre côté?

D’emblée, on constate que les quatre musiciens ont un immense respect les uns pour les autres. Drake, dont le jeu de batterie est d’une fluidité à couper le souffle, fait preuve d’une grande écoute. On sent une certaine tension entre la tentation de jouer bien à fond et celle d’un jeu tout en retenue (ce qui avait l’air particulièrement souffrant pour Luc Ex !). Même si la section cuivre lisait les partitions, on a quand même eu droit à plusieurs envolées d’impro bien senties. Au début du concert, les deux sax me semblaient un peu confinés dans des lignes standards, mais ils ont graduellement accéléré la cadence et augmenté les décibels pour nous offrir un free jazz déjanté. Mais c’est vrai que le positionnement des musiciens, les cuivres d’un côté, et Drake et Luc Ex de l’autre, créait une sorte de séparation un peu déstabilisante. Comme si on assistait à la performance de deux duos en simultanée.

J’ai vraiment beaucoup aimé la prestation de ce quatuor, j’ai trouvé qu’il apportait un vent de fraîcheur sur la scène free jazz et sur le Suoni.

Es-tu d’accord avec moi, Marie-Ève?

Luc Ex et Drake étaient totalement déchaînés ! Bien que nous étions clairement dans du free jazz, impossible de ne pas reconnaître les influences punk de Luc Ex, que ce soit dans sa dégaine ou dans son jeu. On peut sortir le gars de The Ex, mais pas The Ex du gars ! Certaines pièces m’ont d’ailleurs rappelé les collaborations de The Ex avec Tom Cora. Drake, quant à lui, était tout sourire et on pouvait percevoir l’émerveillement d’un enfant sur son visage. Il est d’une versatilité impressionnante, passant du free jazz au rock comme si de rien n’était ou d’un beat à l’autre sans aucune transition, et ça fonctionne ! Moment jouissif du concert : alors que Drake est dans un roulement de batterie pas croyable, il échappe une de ses baguettes, que Luc Ex attrape au vol. Il se met immédiatement à la frotter sur ses cordes, déstabilisant tout le monde et initiant ainsi sans le vouloir une des meilleures improvisations de la soirée ! Si Luc Ex’s Assemblée passe près de chez vous, accourez-y !

Mathieu Francoeur et Marie-Eve Lamy

Crédit photo: Pierre Langlois

Crédit photo: Pierre Langlois

Posté le juin 21, 2016 Nouvelles